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date samedi 5 juillet 2008
:: Retour sur les Eurockéennes de Belfort 2008




JEUDI

Après être arrivé à la gare de Belfort en milieu d’après-midi, nous atterrissons au camping chargés de la tête aux pieds par nos bagages, tentes et courses diverses. La queue interminable donne lieu à quelques déboires sans grande importance pour récupérer nos badges. Une fois installés, nous faisons un tour dans le camping, animé ce soir-là par le duo électronique et à tendance commerciale, The Glimmers, avec un set qui en fait bouger plus d’un. Dans tout le camping, les gens sont surexcités à l’idée des journées suivantes.



VENDREDI

Les festivités commencent avec les petits suisses (!) que sont les Mondrians, du bon rock qui fait plaisir à écouter, comme on peut en entendre dans bon nombre de clubs branchouilles de la capitale. Malgré deux ou trois erreurs, ils s’en sortent vraiment bien compte tenu de leur maigre expérience en festival.



La Bande Originale, « crétaion » spéciale pour l’occasion, réunit des artistes comme Olivia Ruiz, Arno, Camille, et même Didier Wampas ou Oxmo Puccino. Ca aurait pu être bien, mais au final on se croirait sur un plateau TV genre Taratata, limite Les Enfoirés. La palme d’or du pire est tout de même attribuée à Didier Wampas répétant pendant 5 bonnes minutes le refrain de « I Was Made For Loving You Baby » de Kiss. Pathétique.
C’est au tour de Cat Power de délivrer un concert à la hauteur de son talent, même si on peut lui reprocher d’être très distante avec le public.
Le concert, ou plutôt le show de Massive Attack est quant à lui sublime. Tout est parfait, de la pureté du son à la mise en scène, tout particulièrement les lumières. Une seule déception : on ne se serait pas privés d’une heure en plus.
Tout cela s’enchaine avec le concert de la formation belge dEUS qui délivre un rock énergique, la foule est en délire sous le chapiteau, les titres du nouvel album s’enchainant parfaitement avec ceux des anciens.



Ben Harper, fidèle à lui-même, parvient à mêler le son des ses instruments et de ceux des Innocents Criminals à sa superbe voix, pour un résultat qui trenscende le spectateur.



La soirée se termine avec la prestation remarquée de Beth Ditto, leadeuse féministe et pacifiste de The Gossip. La « personnalité la plus cool du monde rock » selon le magazine NME le prouve sur scène, descendant à deux reprises dans le public, continuant à chanter de sa voix puissante. Une vraie diva. C’est sans doute le meilleur concert de la soirée.





SAMEDI

Nous arrivons sur le site en entendant les premières notes du phénomène venu de Brooklyn, Vampire Weekend. Le temps de la première chanson et nous voilà parvenu devant la scène de la plage en sautillant sur les airs entrainants. Les succès s’enchainent parfaitement grâce à la présence scénique du chanteur qui parle au public, le fait chanter, et surtout danser.



Egalement issue de Brooklyn, mais adoptant un tout autre look, Santogold chante une musique indéfinissable, un mélange qui fait bouger le public de la loggia. Elle est épaulée par un DJ d’une technicité hors-pair et de danseuses blacks très énergiques.



Changement de contexte, Grinderman s’apprête à faire son apparition sur la grande scène dans un décor minimaliste, sombre, à l’image de leur musique. Cette dernière est profonde, lourde, cérébrale, tout comme la voix de Nick Cave qui vient transpercer le cœur de chacun. Cave a de la classe dans son chant et de la prestance sur scène. Direction le chapiteau pour écouter le show des Wombats. C’est un peu brouillon, notamment au niveau du volume des instruments. Le chanteur est obligé de s’époumoner dans le micro alors qu’il ne le fait pas en studio. Malgré tout, c’est une folie furieuse qui s’empare du public, ce qui réussi à faire oublier le côté brouillon.



Concert suivant : entre en scène un Corto Maltese version loveur eighties un peu ringard, et l’humour qui va avec. Il s’agit de Sébastien Tellier. Toutefois, la musique est excellente, le summum du live étant l’enchainement « La Ritournelle + L’amour et la violence ». C’est beau.



S’en suit le concert de CSS, plutôt plat, on s’attendait vraiment à mieux du phénomène brésilien. Leurs accoutrements peuvent à peine faire décrocher un sourire et on se force presque à danser sur le tube « Let’s Make Love And Listen Death From Above »



DIMANCHE

Le dimanche sera une journée spéciale puisque nous faisons le choix de rester le principal de la soirée sous le chapiteau, histoire de se réserver une bonne place dans chacun des concerts s’y déroulant (et d’éviter la pluie…)
Cela nous permet donc d’apprécier pleinement le concert de Moriarty. Mise en scène façon far-west, scène remplie d’instruments désuets, ce qui apporte un certain charme à la musique portée par la magnifique voix de Rosemary. Mention spéciale pour la reprise de Depeche Mode, « Enjoy The Silence ».





Une bonne mise en bouche pour le reste de la soirée :
Les fabuleux MGMT prennent le relais pour un fabuleux concert de rock psyché comme on n’en fait plus. C’est beau, le public est complètement hypnotisé, oubliant de pogotter pour apprécier pleinement la musique.





C’est ensuite au tour des Babyshambles d’entrer sur scène. Ils sont donc présents, comme les rumeurs ne le prédisaient pas. Pete Doherty est égal à lui-même, c’est un concert puissant, efficace mais sans grande surprise. On connaît les chansons par cœur, on danse, bien contents de les entendre enfin en live. Dommage que la vraie-fausse anglaise Soko ait totalment gaché le titre phare des feu-Libertines, « Can’t Stand Me Now ».



L’avant dernier concert de la soirée, celui de Gnarls Barclay, ets tourt simplement génial, à l’image du groupe qui a pu nous improssionner par leur créativitée musicale. On ne se lasse pas de la voix de son chanteur, si bien qu’on ne se rend pas compte de la fin du concert.



La prestation suivante, celle de Moby, sera le seul bémol de la soirée. Il remixe lui-même ses titres à tel point qu’on croirait à un canular de sa part. Les chansons originales sont massacrées par des basses rajoutées vulgairement pour faire bouger la foule. Une petite déception.

Au final, d’excellentes eurockéennes si l’on laisse de côté les petits moins qui sont inhérents à tout festival. L’ambiance est bon enfant, et côté programmation, on y trouve toujours pour son compte.



http://www.eurockeennes.fr/

Reportage par Nour Bousmah




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